dimanche 24 février 2008

Attention aux mains balladeuses


Serrer la main d'une personne qui vient d'en serrer une centaine d’autres auparavant, qui a bien sur caressé le cul de nombreuses vaches et qui a tâté longuement du saucisson d’âne peut être extrêmement dangereux en raison de la transmission d'agents pathogènes multiples.
Seulement ne pas serrer la main en disant que l'on a peur de se salir est très mal poli et l’on risque de s’entendre vertement répliquer : « casse toi sale con ».

Alors que faire?

Je vous propose 2 solutions :

La première est d'embrasser avec effusion la personne qui nous tend la main.


I'd like to kiss you



Mais, on m’objectera (sans doute avec raison) que ce n'est pas forcément bien perçu de rouler une pelle à une personne que l'on rencontre fortuitement.

D’où cette seconde solution plus hygiénique et de loin la plus sûr : c’est d’accepter de serrer cette main peu ragoûtante et d'utiliser aussitôt après un gel alcoolique désinfectant comme Sanitelle. Ainsi, 99,99% des microbes sont éliminés et les mains sont beaucoup plus propres.

En revanche je vous déconseille fortement de répondre à l’insulte par une autre insulte, surtout si la personne en face de vous ressemble à Nicolas Sarkozy.

Car souvenez-vous :
Début 2003, un jeune homme de 21 ans, accusé d'avoir insulté le ministre de l'Intérieur (Nicolas Sarkozy) lors d’une visite à Strasbourg, a été condamné à un mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de la ville. Ce jeune « sauvageon » était jugé en comparution immédiate pour « outrage à une personne dépositaire de l'ordre public ».
Selon l'accusation, le jeune homme, qui a toujours nié les faits, aurait lancé « Sarkozy, va niquer ta mère! » à l'arrivée du ministre. Le Strasbourgeois avait été immédiatement interpellé par la police et placé en garde-à-vue.
Ce garçon, sans antécédents judiciaires, hormis une condamnation pour conduite sans permis qui remontait à plus de deux ans devait commencer un travail la semaine suivante dans une société de nettoyage.

Donc lecteur/lectrice, soyez prudent car s'en prendre à la personne de Nicolas Sarkozy peut avoir de graves conséquences.
En revanche lui-même pourra vous insulter copieusement car selon l'article 68 de la Constitution : « Le président de la République n'est responsable des actes accomplis dans l'exercice de ses fonctions qu'en cas de haute trahison. Il ne peut être mis en accusation que par les deux assemblées statuant par un vote identique au scrutin public et à la majorité absolue des membres les composant ; il est jugé par la Haute cour de justice. »

jeudi 21 février 2008

Des élections « muni-people »

(un lamentable jeu de mots pour un billet non moins lamentable écrit sous le signe de la plus pure mauvaise foi).



Difficile parfois pour ces élections municipales d’établir de véritables différences entre les programmes des candidats, de détecter de réelles fractures identitaires, de déceler de vrais engagements idéologiques.
Certes, un ou une candidate proposera d’installer un plus grand nombre de palmiers sur la place du village, un/une autre d’élargir de 57 cm (contre 43 cm à son adversaire) les couloirs de bus, un/une autre d’aménager façon "Années folles" les berges de la rivière (en lieu et place du thème de la Rome antique)…
Mais dans l’ensemble chacun de nous pensera que décidemment pour ces municipales « gauche/droite c’est pareil, même combat, tous pourris, blanc bonnet et bonnet blanc, blablabla… ».
Et l’on votera alors plus pour un homme ou une femme que pour une véritable vision qui engage l’avenir de la commune ou de la ville pour les plus urbains d’entre nous.

Et pourtant, il existe une technique imparable pour établir une frontière incontestable entre droite et gauche, pour trouver où est localisé l’intelligence, le bon goût, la modernité, bref l’avenir radieux c’est : « le people ».
Bien sûr, chacun sait que jamais l’étalage de « people » n’a suffit à assurer l’élection d’un homme/femme politique. Mais jamais non plus un homme politique n’a réussi à se faire élire sans s’afficher avec des « people ».

Aussi, depuis une semaine, le « people » est de sortie et son apparition a parfaitement éclairci la situation, nous montrant, de façon lumineuse, où les forces intellectuelles de la nation française se situent, à gauche ou bien à droite…

Ainsi, Bertrand Delanoë, « people » lui-même par certains aspects, nous a présenté les « Talents » (sic !) qui le soutiennent dans son ambition d’être réélu.

Aux côtés du maire de Paris, se tiennent en vrac :
- des comédiens remarquables : Jeanne Moreau (inoubliable, toujours et encore), Lambert Wilson (grand parmi les grands), Anouk Aimée (Anouk on t'aime !) Pierre Arditi (impayable banquier au Crédit Lyonnais), Francis Huster (excellent dans les téléfilms de TF1), Sylvie Testud (une jeune fille qui monte qui monte), Nadine Trintignant (qui réunit tous les talents),
- des chanteurs inoubliables : Bénabar (sa voix unique, ses textes chaleureux !) , Marc Lavoine (toujours là toujours percutant) Olivia Ruiz (heu…),
- des écrivains majestueux : Mazarine Pingeot (digne héritière de feu son père), Samuel Benchetrit (futur nobélisable), Bernard Henri-Lévy (la pensée à l’état brut), Jean Lacouture (l’incontournable),
- des cinéastes avant-gardistes : Costa-Gavras (un copain d’Yves Montant une preuve supplémentaire de son génie)
- des stylistes à la pointe de la mode : Agnès B (la reine du costume), Isabelle Marant (la reine de la robe)
- des sportifs vibrants : Vikash Dhorasoo, Fabien Galthié (je les connais moins mais forcément ils ont sauvé l’honneur de la France lors de compétitions internationales).

Donc pas vraiment de surprises mais ça fait plaisir de les (re)voir ici.
"Re", car il s’agit invariablement de ces mêmes personnalités « people » du show-biz parisien (aussi appelé "Club de la Lang") plus ou moins étiquetées à gauche – la gauche caviar du café de Flore, raille l’UMP jalouse et envieuse – que le PS ressort à chaque élection, qui avaient soutenu Ségolène Royal aux dernières présidentielles, avant elle Lionel Jospin en 2002, etc…

Une sensation, tout de même, sous la forme d’une transfuge venue de la droite. L’incroyable et inusable Line Renaud figure en effet dans le comité de soutien du maire socialiste. Or, jusqu’à présent, à chaque élection, cette amie proche de Jacques Chirac avait soutenu mordicus la droite. Mais elle ne votera donc pas pour la candidate sarkozyste à l’Hôtel de Ville.
Vive Line Renaud dont le parcours artistique impose un respect absolu sans parler de ses engagements généreux et sincères dans la lutte contre le SIDA aux côtés notamment de la fraîche Liz Taylor.

Abondance ne nuit pas certes, mais là, il y en a tellement qu’on se demande si Françoise de Panafieu (Miss Roller 97) trouvera encore des « people » libres de tout engagement quelque part.

Je crains que non (hihihihihi !!!) car à l’inverse, depuis 3 jours, je tape frénétiquement « Panafieu+élections+people » sur des dizaines de moteurs de recherche mais rien, pas un nom ne sort.
Je n’ai trouvé que Rachida Dati (mannequin chez Dior) tête de liste pour la mairie du VIIe, Jean-Marie Cavada (animateur TV du temps de FR3) ou Jean-François Lamour (sportif bedonnant)

Un peu frustré devant ces résultats pitoyables offerts par la droite parisienne, j’ai élargi notre recherche à la France entière et notamment vers ceux qui osent se soumettre aux suffrages des Français.
Et les résultats sont savoureux.

A gauche, sont candidats à ces élections municipales, Philipe Torreton (Paris), Sophie Duez (Nice) ou l’humoriste Marc Jolivet (à Paris, pour les Verts).
Force est de constater qu’à nouveau ce sont des « people » très sympathiques, humbles et méritants.

Et à droite ? C'est une catastrophe, le « people » est pitoyable, ringard, facho, pingre voire (et c'est le comble de l'horreur pour un « people » ) inconnu !

La dernière annoncée en date est l’animatrice de télé Sophie Favier (ex coco-girl) sur une liste dissidente de droite (CNI, parti de Christian Vanneste l'homophobe) à Neuilly.
Candidats aussi, à droite, le comédien Bernard Menez (chanteur de Jolie Poupée ohé-ohé) ; les anciennes animatrices de télé Danièle Gilbert (ex fermière) à Châtellerault et Denise Fabre (speakerine hystérique sous l’ORTF) à Nice ; l’ex-tennisman Henri Leconte (qui, par hasard, a atteint une finale une fois dans sa vie), l’entraîneur de foot Guy Roux retraité d'office (même pas une Coupe d’Europe à son actif !) en Bourgogne, le journaliste sportif Henri Sannier (ancien commentateur du peu reluisant Tour de France des dopés) en Picardie, le navigateur Gérard D’Abbovile (touché, coulé, inconnu) à Paris ou même le magicien Gérard Majax (on le croyait en fuite avec la femme coupée en deux après la mystérieuse disparition de l'as de trèfle) à Paris également.

Ami lecteur, charmante lectrice, après un tel exposé, je vous laisse écrire dans les commentaires la (les) conclusion(s) qui s’impose(nt).

dimanche 17 février 2008

Un mot d'excuse onirique

Une fidèle et charmante lectrice nous écrit :
« Cher ami,
Je m'adresse ici à l'auteur de ce blog où la prose de l'auteur procure un réel bonheur à son lecteur, où la variété des thèmes abordés suscite parfois le rire, parfois la réflexion mais ne laissent jamais indifférent... Fan des premiers jours, je ressens depuis maintenant 2 longues semaines la frustration de celle qui attend une lettre qui n'arrive jamais... la déception de ne plus jamais voir un (1) à côté de flagrantdelit ds mon programme de flux rss... Je suis plus accro à vos textes qu'à Santa-Barbara quand j'avais 15 ans... Certains jours je n'ose même plus ouvrir mon netnewswirelite pour ne pas avoir à affronter cette frustration terrible...j'ai bien pensé tout relire mais ce serait bien pire....
voilà cher ami, je voulais vous faire part de cette sensation de manque que votre silence éditolitteratobloguesque provoque en moi.
Bien à vous.
Une blonde »

Ces quelques mots couchés sur le papier l’écran, cet appel au secours lancé tel une bouteille à la mer, le désespoir sincère de cette inconnue m’ont bouleversé et je vous dois effectivement, chère blonde, une sérieuse explication.


Depuis quelques semaines, je fais, je vis même, un songe étrange et pénétrant qui a totalement envahi mon corps et mon esprit : la nuit, je rêve et le jour, j’attends le retour du crépuscule salvateur.
Plus rien ne m’intéresse, la terre continue de tourner certes (et les rumeurs d’un mariage, d’élections, de bling bling, d’enfants en CM2 ou de sondages réjouissants me parviennent vaguement), mais je m’en fiche, je ne désire qu’une chose : m’endormir pour rêver de nouveau.
Voilà pourquoi mon ordinateur reste éteint, voilà pourquoi je n’écris plus rien.

Voici ce songe que je voudrais prolonger encore pendant mille et une nuits :
chaque soir, mon amoureux d'un pays lointain vient me visiter. Quand minuit a sonné, silencieusement il entre dans mon lit.
Aucun poil n'altère sa splendide nudité, exceptées les boucles noires de son pubis, là où repose son sexe. De ce corps, jeune et viril, émane, comme une aura lumineuse, une sensation de chaleur, de plénitude.
Puis, il se blottit tendrement contre moi, il m’enlace.
Sa peau a la verdeur acidulée d'un jeune homme au sortir de son adolescence, ses mains me caresse avec une douceur féminine.
Son sexe se dresse et je le sens battre contre le mien. Il m’embrasse longuement, sa bouche a le goût du miel et du gingembre.
Souple comme un félin, il descend le long de mon torse, léchant chaque centimètre de ma peau avant de s’arrêter sur mon gland qu’il entoure de sa langue.
Patiemment, il s’attarde sur le frein, ses lèvres pétrissent ma verge, puis, il revient vers ma bouche et m’embrasse à nouveau, mêlant sa langue à la mienne. Alors, il m’enlace de tout son être et me serre dans une étreinte finale. Nos semences trop longtemps contenues jaillissent en de délicieuses saccades et se répandent sur nos corps détendus.
C’est à ce moment qu’il prononce toujours les mêmes paroles (qui expliquent mon absence).
Il me dit : « désormais tu ne jouiras plus qu'avec moi. Tu ne connaîtras plus ni femmes ni hommes si je ne suis pas présent au plus intime de vos ébats. »
Puis il disparait, laissant mon corps apaisé inondé de sperme tandis que tous les parfums de l'Orient flottent au-dessus de ma couche.

J’espère chère blonde lectrice que cette explication vous satisfera pleinement et je vous promets, dorénavant, d’écrire plus régulièrement.

lundi 28 janvier 2008

Le Petit Chaperon Rouge et le Loup


Préambule : un événement, la semaine dernière, m'a remis en mémoire cette histoire que j'avais lue il y a quelques mois je ne sais trop où.
J'ai souhaité vous la raconter afin d'en tirer une morale.
Il se peut néanmoins que mon imagination ait quelque peu corrompu ce conte.




Il était une fois, dans un charmant village, une petite fille la plus jolie et charmante qu’on eût pu voir ; sa mère et sa mère-grand l’adoraient. Ainsi, lors d’un précédent Noël, elles lui avaient confectionné un petit chaperon rouge qu’elle portait si admirablement bien que partout on l’appelait le Petit Chaperon Rouge.

Un jour, sa mère, ayant cuisiné des galettes, lui dit : va voir comment se porte ta mère-grand, car on m’a dit qu’elle était malade. Prends avec toi une galette et ce petit pot de beurre que tu lui offriras.
Le Petit Chaperon Rouge partit aussitôt pour aller chez la vieille femme, qui demeurait dans un autre village.
Heureuse, libre comme l’air la petite fille gambadait dans la forêt en chantonnant une de ces vieilles chansons que sa mère lui avait apprises.
Soudain, elle s’immobilisa et elle demeura ainsi terrifiée : elle venait d'apercevoir Monsieur le Loup qui se dirigeait vers elle.
Elle resta immobile.
Le loup au sourire gourmand s'approchait, encore et encore... Mais elle ne bougeait pas... A présent, il était devant elle, il continuait d’avancer... Seuls quelques centimètres les séparaient.

Elle pouvait sentir son souffle chaud qui balayait les mèches sur son front qui s’échappaient de son chaperon. Elle le regardait, fascinée. Une sensation étrange, un sentiment inconnu courrait dans ses veines.
L’émotion, la peur faisait battre son cœur à tout rompre.
Elle était troublée.
Ce n’était déjà plus de l'angoisse, pas encore une attirance.
Un délicat frisson lui parcourut le corps, elle voulut prononcer quelques mots, mais aucun son ne sortit. Elle demeurait là, figée, comme hypnotisée par l’animal.

Le regard d’abord avide du loup maintenant s’adoucissait.
Elle crut même déceler un léger sourire se dessiner sur son visage.
La respiration de la bête se fit moins forte, elle sentit presque une certaine humanité se dégager de lui.
Lentement, il lui tendit sa patte.
Confiante, elle lui tendit sa main.

Alors, il la prit tendrement dans ses longs bras et il la conduisit dans sa tanière où, il la déposa sur une litière faite de mousse et de feuilles mortes. C’était le début d'une histoire d'amour pleine de promesses, de beaux rêves...
Bien sûr ils étaient différents. Bien sûr il n’aurait jamais dû se connaître. Bien sûr ils n’auraient jamais dû tomber amoureux et vivre ensemble. Et pourtant, pour eux, cette relation était évidente. Chaque matin, le Petit Chaperon Rouge s’émerveillait d’être allongé près de son loup, de son amant qu’elle chérissait tant. Et, lui heureux l’aimait, la protégeait, l’admirait.

Un soir, après une longue promenade, ils s’étaient baignés ensemble dans la rivière qui traversait le bois. Tandis qu’elle sortait de l’eau, nue, il lui tendit une serviette, puis la frotta pour l’aider à se sécher. Soudain, alors qu’elle se laissait caresser, totalement abandonnée dans les bras de son amant animal, il voulut lui frotter les cheveux.
Hélas, le loup, un peu maladroit, écorcha de ses longues griffes le visage de la jeune enfant.
Affolé, désespéré par son erreur, il chercha à s’excuser en la serrant encore plus fort dans ses bras et ce furent alors ses dents pointues qui percèrent la peau si douce, si blanche de sa bien-aimée.

Le Petit Chaperon Rouge sentait le sang couler le long de son visage. Elle remarquait les marques des griffures sur ses épaules. Mais surtout elle voyait le Loup, son Loup, son amour de toujours qui pleurait, pleurait, pleurait.
Comment aurait-elle pu lui en vouloir ? Bouleversée devant cette douleur qu’exprimaient les sanglots de l’animal, elle s’approcha de lui et son regard lui murmurait je te pardonne, je t’aime plus que tout au monde.

Longtemps ils restèrent ainsi allongés sur les berges. Elle le rassura par des mots doux et par de longues et tendres caresses. Elle lui offrit à nouveau son corps. Elle aimait s’accrocher à son pelage tandis qu’elle sentait cette bête entrer en elle. Et le loup poussa enfin un long râle, signe de sa jouissance. La sensation du liquide chaud qui coulait le long de ses cuisses arracha à la jeune fille un soupir de plaisir et de soulagement. Ils s’aimaient encore, ils se comprenaient, la puissance érotique de leur relation était intacte.

Ils rentrèrent chez eux et se couchèrent rapidement, épuisées par toutes ses sensations.
Pourtant, elle ne parvint pas à s’endormir. Elle repensait à cette journée, elle revoyait les dents et les griffes du loup. Elle voulait chasser de son esprit ces visions mais c’était plus fort qu’elle.
Dès qu’elle fermait les yeux, elle le voyait qui, sous l’emprise d’une colère aveugle, lui arrachait son cœur encore vivant.

Chaque jour, cette angoisse occupait un peu plus son esprit.
Elle tentait de se raisonner, de se convaincre qu’avec lui elle ne courrait aucun danger, mais à présent tel le poison qui se répand dans le sang, le venin faisait son effet, il détruisait son amour.

Un matin, elle lui demanda :
- " Loup m'aimes-tu? "
- " Oui je t'aime. "
- " Loup m'aimeras-tu toujours ? Certains soirs, quand la pleine lune fera bouillir ton sang et que la faim tiraillera tes entrailles, Loup ne redeviendras-tu pas le méchant loup du conte ? "
Il ne savait que répondre. Alors, il serra simplement la jeune fille dans ses bras. Mais il percevait qu'elle avait peur, qu’une partie de sa confiance en lui s’en était allée.
Pourtant, il avait dégelé son cœur, il avait essayé de le remplacer par un cœur d'homme.
Il avait quitté son errance solitaire pour s'établir avec elle dans les sous-bois ombragés.
Oui, il avait refusé de rester loup, mais il sentait bien, hélas, qu’il ne pourrait pas devenir entièrement homme, entrer ce nouvel état lui semblait impossible, pas maintenant, pas encore.

Un matin d’hiver, lasse d'attendre, elle se leva doucement, embrassa son loup sur les paupières puis elle se rendit à la rivière. Elle ôta son chaperon rouge, et entra dans l’eau. On ne la revit plus jamais.
Et aujourd’hui encore, dans cette forêt, on entend le loup, les soirs de pleine lune, hurler à la mort en espérant retrouver enfin sa bien-aimée.


Au cours d’une vie, personne n’est épargné par le manque de confiance en soi ou l’impossibilité de faire confiance à l’autre, car la confiance n’est ni donnée, ni acquise une fois pour toute.
Elle se construit à plusieurs par erreurs et essais réciproques.
Tu me fais confiance parce que tu m’aimes, je te fais confiance car je crois que tu me veux du bien.
C’est pour cela que le mensonge, la trahison, la parole non tenue entame la confiance. Certes, elle peut toujours se reconstruire soit par de nouvelles preuves de confiance soit par le désir d’être aimé quel qu’en soit le prix.
Mais, quand les blessures sont trop fréquentes alors les plaies restent ouvertes.
Et c'est la défiance qui s'installe.

Ainsi, que l'on soit loup ou homme, nous avons chacun notre nature, notre caractère.
Mais parfois, parce que l'on ne veut pas admettre que l'on change, parce que l'on n'ose pas assumer ses nouveaux instincts, ses nouveaux désirs parce que simplement on n’ose pas faire confiance à l’autre, on risque de tuer une relation amoureuse pourtant sincère.
On dit que l’amour véritable ne connaît ni frontière ni obstacle. C’est une erreur car c’est oublier le mensonge à l'autre, bien sûr, mais aussi (et surtout) le mensonge à soi-même.

mardi 22 janvier 2008

Que s'est-il passé il y a 1 262 347 684 secondes ?

Je suis né !


Rassurez-vous : en changeant de décennie je ne suis pas subitement devenu génial en math !
Non, c'est grâce à ce site anglais que je vous épate aujourd'hui.



22 janvier :

C'est le même jour de naissance que le Chanoine Kir et c'est la Saint-Vincent, patron des vignerons.
Moralité : on ne peut pas aller à l'encontre de son destin.


PS :
une devinette : qui est âgé de 11 104 141 secondes ?

dimanche 6 janvier 2008

Une excellente nouvelle

Pour la première fois de son histoire, le Dakar est annulé et j’en suis absolument ravi car je déteste cette randonnée publicitaire en Afrique.



Comme le déclarait René Dumont en 1980 : « Le rallye Paris-Dakar est indécent. Je compare cela à une bande de fêtards qui organisent un banquet, mais pas chez eux, et qui entrent chez un pauvre pour ripailler sans l'inviter à partager. La vraie aventure, c'est la lutte contre la faim. C’est une course abominable et scandaleuse ».

C’est (c'était ?) en effet une fausse aventure ringarde qui fait uniquement l’éloge du 4x4, qui défie la conscience démocratique et qui me remplit de honte.
Honte de voir cette caravane agressive d’engins rutilants conduits par des crétins blancs traverser pendant plusieurs jours les pays les plus démunis d’Afrique.
Honte de voir la faune et la flore dévastées, piétinées et détruites.
Honte de voir les populations locales bafouées, écrasées, tuées pour le plaisir de quelques fous.
Honte de voir cette caravane grotesque, luxueuse et néo-colonialiste étaler sous les yeux de la population d'Afrique, l’arrogance technologique des multinationales d’un Nord méprisant.
Honte toujours devant ce gaspillage de centaines de milliers de litres d’essence, brûlés en pure perte pour la seule gloire de quelques constructeurs et de sponsors rapaces alors qu’on ne cesse de nous bassiner depuis 6 mois avec le Grenelle de l’environnement.
Ainsi, pour absorber tout le CO2 produit par ce Barnum, il aurait fallu planter 10 000 hectares d'arbres, soit la surface de la ville de Paris.

Surtout, comment admettre que l’Afrique qui s’enfonce chaque jour un peu plus dans la pauvreté, la maladie ou la guerre devienne le terrain de jeu de quelques « défoncés de la vitesse » en mal d’aventure ?
Depuis 1979, ce défilé motorisé a fait plus de 30 morts.
Chaque année, on se demandait combien faudrait-il encore de tués pour déclarer hors-la-loi cette mascarade sportive que les populations et gouvernements d’Europe refuseraient (avec raison) qu'elle se déroule sur notre continent.

Bien sûr, certains regretteront de ne plus voir Gérard Holtz l’Africain, qui, 3 jours avant le départ se laissait pousser la barbe pour faire baroudeur, qui, chaque soir, nous invitait autour d’un feu de camp à regarder les grands moments de la journée, et qui enfilait chaque matin une nouvelle djellaba assortie à son écharpe de Touareg…

Néanmoins, il suffit que je relise les propos de Luc Alphand vainqueur en 2007 (2 Africains tués cette année-là) pour que le dégoût m’envahisse à nouveau : « C'est peut-être dur ce que je vais dire, mais je prends des risques. Moi aussi, je vais à 200 kilomètres heure quelquefois dans le désert sur des routes que je ne connais pas. C'est un objectif que je m'étais fixé. Je suis vraiment heureux de gagner ce Dakar. Il y a aussi beaucoup d'accidents chez nous devant les écoles. Des chauffards, il y en a aussi. Bien sûr, on pensera à eux et à leur famille. C'est évident, mais la fête n'est pas gâchée. On s'est défoncé tous les jours à faire 800 bornes, avec les efforts que ça représente toute l'année pour s'entraîner, pour développer les voitures. Alors oui, je le dis : je suis heureux d'être là et d'avoir gagné cette course. Même s'il faut avoir une pensée pour tout ce qui s'est passé, ça ne va pas gâcher ce que je ressens, ce que j'ai accompli. »

D’ailleurs, cette annulation aura permis de mettre en évidence toute l’hypocrisie des organisateurs et des médias du service publique qui soutenaient cette manifestation. Ainsi Hubert Auriol, ancien directeur du Dakar ou Daniel Bilalian directeur des sports de France Télévision expliquaient ce week-end qu’ils déploraient la décision d'arrêter, mais comprenaient qu'elle ait été prise « si la vie des participants était en danger ». Et la vie des Africains qui se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment durant ces 29 dernières années, n’a-elle pas été sciemment mise en danger ?

Certes, je regrette que ce soit la terreur qui dicte la décision d’annuler ce grand cirque. Comme d’habitude, nos sociétés sont faibles, fragiles face à ces menaces terroristes.
C’est pourquoi il faut espérer que ce coup lui sera fatal et qu’il n’y aura plus jamais de Paris ou Lisbonne ou je-ne-sais-où Dakar.

jeudi 3 janvier 2008

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