Mon sang était en révolte, il bouillonnait.
J’arpentais les rues sombres du Marais aux pavés glissant, scrutant l’obscurité des impasses et des portes cochères, prêtant avidement l’oreille à tous les sons, à tous les murmures.
Je me sentais comme un fauve privé de sa proie ; il me fallait pêcher avec une autre personne de mon espèce, forcer un homme et m'abandonner avec lui.
Soudain, je perçus comme une sombre présence, subtile et enivrante qui ne me lâchait pas. Son murmure lancinant obsédait mes oreilles.
Une sensation étrange pénétrait mon être.
Mes mains se crispaient convulsivement, les amphets explosaient mon cerveau et mes dents se serraient tandis que le désir me brulait.
Là, dans la rue, je tendis les bras pour saisir cette silhouette qui se dérobait et qui m’attirait.
Enfin, le cri que j’avais si longtemps tu, étouffé dans ma gorge, sortait de mes lèvres.
Ce hurlement s’arracha de moi comme jadis, l’ange déchu remonta des enfers. Puis il expira en un abandon de tout mon corps.
Alors, je réalisais que ce cri n’était rien que la répétition de ce tag obscène que je venais de lire sur la paroi suintante de l’urinoir.
Je restais seul, immobile au milieu de la chaussée, mon cœur tambourinant dans ma poitrine, espérant enfin le réveil salvateur.
Mais rien.
Et ces vers de Baudelaire qui me harcelaient :
« Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ?
Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau ! »
mardi 29 juillet 2008
Déambulation nocturne
Rédigé par
Stéphan
à
20:58
2
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dimanche 17 février 2008
Un mot d'excuse onirique
Une fidèle et charmante lectrice nous écrit :
« Cher ami,
Je m'adresse ici à l'auteur de ce blog où la prose de l'auteur procure un réel bonheur à son lecteur, où la variété des thèmes abordés suscite parfois le rire, parfois la réflexion mais ne laissent jamais indifférent... Fan des premiers jours, je ressens depuis maintenant 2 longues semaines la frustration de celle qui attend une lettre qui n'arrive jamais... la déception de ne plus jamais voir un (1) à côté de flagrantdelit ds mon programme de flux rss... Je suis plus accro à vos textes qu'à Santa-Barbara quand j'avais 15 ans... Certains jours je n'ose même plus ouvrir mon netnewswirelite pour ne pas avoir à affronter cette frustration terrible...j'ai bien pensé tout relire mais ce serait bien pire....
voilà cher ami, je voulais vous faire part de cette sensation de manque que votre silence éditolitteratobloguesque provoque en moi.
Bien à vous.
Une blonde »
Ces quelques mots couchés sur le papier l’écran, cet appel au secours lancé tel une bouteille à la mer, le désespoir sincère de cette inconnue m’ont bouleversé et je vous dois effectivement, chère blonde, une sérieuse explication.
Depuis quelques semaines, je fais, je vis même, un songe étrange et pénétrant qui a totalement envahi mon corps et mon esprit : la nuit, je rêve et le jour, j’attends le retour du crépuscule salvateur.
Plus rien ne m’intéresse, la terre continue de tourner certes (et les rumeurs d’un mariage, d’élections, de bling bling, d’enfants en CM2 ou de sondages réjouissants me parviennent vaguement), mais je m’en fiche, je ne désire qu’une chose : m’endormir pour rêver de nouveau.
Voilà pourquoi mon ordinateur reste éteint, voilà pourquoi je n’écris plus rien.
Voici ce songe que je voudrais prolonger encore pendant mille et une nuits :
chaque soir, mon amoureux d'un pays lointain vient me visiter. Quand minuit a sonné, silencieusement il entre dans mon lit.
Aucun poil n'altère sa splendide nudité, exceptées les boucles noires de son pubis, là où repose son sexe. De ce corps, jeune et viril, émane, comme une aura lumineuse, une sensation de chaleur, de plénitude.
Puis, il se blottit tendrement contre moi, il m’enlace.
Sa peau a la verdeur acidulée d'un jeune homme au sortir de son adolescence, ses mains me caresse avec une douceur féminine.
Son sexe se dresse et je le sens battre contre le mien. Il m’embrasse longuement, sa bouche a le goût du miel et du gingembre.
Souple comme un félin, il descend le long de mon torse, léchant chaque centimètre de ma peau avant de s’arrêter sur mon gland qu’il entoure de sa langue.
Patiemment, il s’attarde sur le frein, ses lèvres pétrissent ma verge, puis, il revient vers ma bouche et m’embrasse à nouveau, mêlant sa langue à la mienne. Alors, il m’enlace de tout son être et me serre dans une étreinte finale. Nos semences trop longtemps contenues jaillissent en de délicieuses saccades et se répandent sur nos corps détendus.
C’est à ce moment qu’il prononce toujours les mêmes paroles (qui expliquent mon absence).
Il me dit : « désormais tu ne jouiras plus qu'avec moi. Tu ne connaîtras plus ni femmes ni hommes si je ne suis pas présent au plus intime de vos ébats. »
Puis il disparait, laissant mon corps apaisé inondé de sperme tandis que tous les parfums de l'Orient flottent au-dessus de ma couche.
J’espère chère blonde lectrice que cette explication vous satisfera pleinement et je vous promets, dorénavant, d’écrire plus régulièrement.
vendredi 30 novembre 2007
Enfin du sexe !

Nus, sous la couette, nous reprenons notre respiration...
Etienne en profite pour me glisser :
- Tu devrais introduire plus de culs !
Je me redresse brusquement !
- Pardon !!!
- Oui, pour augmenter le trafic sur ton blog, tu devrais écrire des billets érotiques avec du sexe torride pour exciter tes lecteurs.
- Et mes lectrices cher Etienne, et mes lectrices, ne les néglige pas s’il te plait.
- Ok pour qui tu veux, même pour le chien de ton voisin si ça te chante mais je pense que quelques bites bien placées devraient augmenter le nombre de visites.
- Tu as sans doute raison, je connais beaucoup d’obsédés sexuels parmi mes amis, mais … je le sens pas, je me vois pas écrire « lentement il lui tapait son visage avec son gland énorme, gonflé de désir tandis que sa main, experte, lui caressait ses seins ».
- Effectivement c’est complètement nul. Avec cette prose pitoyable t’es pas près de faire bander ton public. Non, je vois plutôt un truc du genre scène de cul dans une backroom.
- Ah, je comprends, tu veux que je raconte mes souvenirs au Dépôt !
- Surtout pas ! Tu vas endormir tout le monde. Non, tu pourrais inventer, par exemple raconter ceci :
« Le sous-sol est sombre et bas de plafond. Il y a autant de monde qu’en haut. A droite, on trouve une sorte de pissotière. Sans doute, dans la nuit, des hommes viennent vider ici leur vessie pleine de bière sur d’autres hommes amateurs de golden showers. Des masses indéfinissables s’agitent mollement. Là-bas, 3 mecs se tâtent et se branlent. Je serre la main de Thibault. Il me plaque contre le mur de sorte que je ne vois rien d’autre que lui. Sa langue plonge dans ma bouche. Nos salives se mélangent. Son corps est lisse, doux, il est parfaitement imberbe. Sa main remonte sur mes cuisses, il ouvre ma braguette et sort ma bite. Aussitôt il comprend mon désir, il me suce. Il fait cela à la perfection. Il se relève, m’embrasse à nouveau. J’adore qu’on me roule un patin après m’avoir sucé, ce goût de bite par procuration ! Je commence à sentir d’autres mains sur mon corps, une sur l’épaule droite, deux sur les fesses, une sur mon crâne. Une autre encore me caresse les couilles. Je me laisse faire, je m’abandonne. Un inconnu me roule une autre pelle délirante ! Je ne suis plus qu’une bouche, j’aime le parfum de sa langue, c’est merveilleux tout a bon goût depuis que je suis descendu dans ce sous-sol. Enfin, lentement, je sens un doigt qui s’agite autour de mon cul humide, il me pénètre. Il n’y a plus de limites. Je branle, je lèche, je suce, je suis devenu sexuel… »
Les poils des cuisses d’Etienne sont comme des fils d’or, j’aime sa chair rose et dorée. Je me lasse pas de le regarder. Un rayon de soleil vient buter contre son oreille gauche qui aussitôt prend une teinte écarlate. Le cartilage est à présent rouge orangé. On dirait un morceau d'abricot. J'ai envie de le croquer, j'ai envie refaire l’amour avec lui
..............
Après de longues et douces minutes, nous reprenons (encore essoufflés) notre discussion.
- Tu vois, me dit Etienne, c’est pas très compliqué.
- Oui bien sûr mais c’est banal ton histoire, on a lu ça partout. Moi je voudrais un truc plus original.
Je me penche sur lui et je lui glisse à l’oreille : que penses-tu d’une histoire avec des animaux.
- Un truc de zoophilie, tu t’en sens capable réagit-il, un peu interloqué.
- Zoophilie, tout de suite les grands mots !
Non, je pensais plutôt à cette histoire que j’ai lue récemment : il existe une espèce de poisson originale par leur vie sexuelle : les cichlidés. Tu sais que la plupart des animaux vivant dans l'eau ont une façon de se reproduire plutôt similaire : la femelle pond les oeufs, le mâle produit son sperme, et les deux se rencontrent au gré des courants et du hasard. Mais pour les cichlidés, c'est différent. D'abord, la femelle pond ses oeufs, puis les gobe immédiatement. Elle les garde dans sa bouche jusqu'à rencontrer le mâle qui lui faut (sexy, charismatique, viril). Or, il dispose, au niveau de son sexe, de marques qui ressemblent à des oeufs. Alors, il les montre à la femelle, qui essaie de les gober. Et c'est à ce moment-là qu'il lâche son sperme dans la bouche de Madame. Tu comprends : ces poissons pratiquent une forme de sexe oral. C’est fascinant, non ?
Je pourrai raconter les ébats sexuels du poisson Bulle dans son aquarium, il serait même bisexuel, il sucerait aussi des poissons mâles … Ça c’est original !
- Non, mon pauvre Stéphan, c’est pas original et c’est surtout très chiant. Tu as raison oublie le côté porno pour ton blog. Et plonge vite sous la couette !!!
- Je pourrais au moins mettre un film de cul !
- De nous !
- Mais non des poissons !!!
Rédigé par
Stéphan
à
22:17
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Tags : sexe