Yannick Noah – Zinédine Zidane – Mimi Mathy – Sœur Emmanuelle – Nicolas Hulot – Jean Rénot – Charles Aznavour – Jamel Debbouze – Johnny Halliday – Michel Sardou ...
Comme chaque année, le palmarès des 50 personnalités françaises préférées par ces mêmes Français et publié par le Journal du Dimanche me consterne, me désespère.
Certes, en faisant un effort violent afin de positiver devant cette affligeante énumération, on constatera, un peu désabusé, que nos « con-citoyens » sont très politiquement corrects et pratiquent avec générosité l’ouverture d’esprit et la tolérance en mettant aux 3 premières places un noir, un arabe et une naine.
On pourra, plus tristement, aussi remarquer que sont sélectionnés dans ce top 10 un cocaïnomane champion de l’évasion fiscale, un partisan de la peine de mort, un ou deux ultra-sarkozystes et un nombre indéfini d’imbéciles.
Pour 2008, il faudra que je pense à aller parier sur Steevy auprès d'un bookmaker anglais : homo, noir, stupide, réactionnaire, il a le profil idéal ...
Bref, plutôt que de m’étendre sur ce sujet qui me hérisse (et dont nous reparlerons l’année prochaine bien évidemment) je préfère vous présenter ma personnalité française préférée : Stéphane Hessel, militant inlassable de la cause des Droits de l’Homme, Ambassadeur de France.
Sa vie est un roman : né allemand, français par choix, résistant, déporté à Buchenwald puis à Dora, il entre, après la seconde Guerre Mondiale, à la toute nouvelle ONU comme diplomate. En ce lieu, il trouve les moyens de sa vocation : s’engager à construire un monde neuf en respectant chaque être humain.
Par la suite on le retrouvera dénonçant la guerre en Algérie, médiateur auprès des sans-papiers de l'Eglise Saint-Bernard, défenseur des Tutsis au Burundi...
Toute sa vie fut un combat avec une seule méthode d’action : la conviction.
En octobre dernier, il a fêté ses 90 ans, 90 ans d’engagement pour les droits de l’homme qu’il contribua à faire naître en 1948 en participant à la rédaction de la « Déclaration universelle des Droits de l'Homme ».
Et cet immense humaniste est aussi un amateur de poésie, connaissant des dizaines de poèmes par cœur qu'il peut réciter dans plusieurs langues.
L’engagement :
« L’engagement - héritage de Jean-Paul Sartre, le philosophe de ma génération -, l’engagement, c’est ce qui rend à l’homme tout son épanouissement possible. Se désengager, c’est renoncer à quelque chose qui est prodigieusement porteur. Écoute tes indignations, regarde ce qui te tient le plus à coeur. Va là où tu éprouves une émotion. Et tu auras une vie intéressante. » in L’Humanité
La culture de la paix
« Cette conscience grandissante que les problèmes peuvent et doivent être résolus par la compréhension mutuelle, par le dialogue, par l’écoute, c’est là la base d’une culture de la paix, le terme de culture pouvant s’entendre presque au sens d’agriculture.
C’est un processus ; cultiver c’est faire pousser et pour faire pousser une culture de la paix, il faut semer au bon endroit. Inutile de dire que c’est d’abord dans l’esprit des enfants, à l’école et par la formation des esprits...
Mais il faut aussi que les mauvaises herbes, qui existent toujours, soient empêchées d’envahir le terrain. Une culture de la paix doit être suffisamment garantie contre l’inculture, contre la brutalité, la cruauté qui sont les mauvaises herbes des sociétés. Tout cela demande un soin de jardinier. Et je crois que la vocation de jardinier de l’homme est ce qui a probablement le plus de chance de le sauver, de l’amener à une culture de la paix, tant il est vrai que l’homme aime faire pousser les choses. Et faire pousser la paix, c’est faire pousser la compréhension, le dialogue, la communication et non pas la violence. Ce travail là est passionnant, surtout s’il est soutenu par cette autre passion de l’homme, celle de relever les défis avec d’autant plus de vigueur et de force poétique que les obstacles à vaincre sont plus évidents. Ce n’est donc pas seulement la raison, c’est aussi la passion qui nous permettra de donner un visage pacifique au monde de demain. » in irenees.net
A présent, écoutons les paroles d’un sage.
Post-scriptum :
Aujourd’hui disparaît Julien Gracq (non-sélectionné par le JDD), l’un de mes auteurs préférés.
Je prends son célèbre roman, « Le Rivage des Syrtes » dans l’édition de La Pléiade, je l’ouvre au hasard et je lis :
« La lune se leva sur une mer absolument calme, dans une nuit si transparente qu’on entendait des fourrés de roseaux de la côte, gagner de proche en proche le sourd caquettement d’alarme des oiseaux de marais alertés dans les joncs par notre sillage. La côte que nous logions se hérissait en muraille noire contre la lune des lances immobiles de ses roseaux. Silencieuse comme un rôdeur de nuit, la coque plate du Redoutable se glissait dans ces passes peu profondes avec une sûreté qui trahissait le coup d’œil infaillible de son capitaine. Derrière le liseré sombre, les terres désertes des Syrtes à l’infini reflétaient la majesté d’un champ d’étoiles. Il était bon ce soir d’être en mer avec Marino, fortifiant de s’enfoncer avec lui sans fin dans l’inconnu de cette nuit tiède. » p. 602
dimanche 23 décembre 2007
Dis-moi qui tu aimes ?
Rédigé par
Stéphan
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13:36
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Tags : culture
mardi 18 décembre 2007
Une vie de chien

En France, comme chaque année, le mois de décembre coïncide avec l’arrivée de l’hiver.
Depuis une semaine, la nuit, à Paris, les températures descendent en dessous de zéro et le jour, elles peinent à devenir positives.
Un vent glacial souffle dans les rues, les passants, emmitouflés dans leur manteau, une écharpe nouée autour du cou, les mains gantées plongées dans leurs poches se dépêchent de rentrer chez eux après une journée de travail pour savourer une soirée au chaud agrémentée d’un bon dîner en famille.
Place Franz Liszt, dans le 10ème arrondissement, il y a une grille sur le sol d’où s’échappe un air un peu chaud.
C’est là que vivent Jean et son chien. Ils sont étendus, blottis l’un contre l’autre sous un vilain duvet râpé. Ils sont gelés, ils attendent que le temps passe, ils espèrent en des jours meilleurs, bientôt, peut-être.
Pourquoi rester là, pourquoi ne pas se rendre dans l’un des abris mis à la disposition des sans domicile par la Ville de Paris ou d’autres Associations caritatives ?
« Le problème c’est que j’ai un chien. Et héberger une personne avec un chien c’est pas facile, on n’en veut pas dans ces endroits-là, où il y a beaucoup de monde. Mais mon chien, je l’aime, je n’ai que lui. Et en temps normal, quand il fait pas froid et qu’on est dans la rue, quand on dort dans la rue, le chien permet qu’on soit pas embarqué par la police, parce que la police ne prend pas les SDF qui ont des chiens. Ils sont obligés de faire appel à la SPA ou à un autre truc pareil. C’est très lourd, c’est très compliqué à mettre en place. Et quand ils nous prennent, ils ont les Associations pour la protection des animaux qui interviennent, qui leur tombent dessus, qui foutent un sacré bordel, ils les lâchent pas et pour les flics c’est trop compliqué à gérer. C’est pour ça qu’il y a beaucoup de SDF qui ont des chiens. »
Ainsi, en France, la "Patrie des Droits de l’Homme" (dont manifestement ne font pas partis les sans domicile fixe), c’est grâce à la pression des Associations de défense des animaux que des types errant dans la rue ne sont embarqués manu militari par les flics.
C’est dans ce pays, que le week-end dernier, des CRS ont chargé contre des SDF afin de démanteler des tentes installées en face de Notre-Dame de Paris, pour virer quelques types grelottant de froid.
Et pendant ce temps, rive droite, près des Champs-Élysées, un dictateur africain, protégé par des dizaines de policiers, paradait sous sa tente d’apparat installée dans les jardins de l’Hôtel Marigny à l'invitation du Chef de l’Etat.
Et c’est encore dans ce même pays qu’a été mis en place le 115, numéro d’urgence du SAMU social.
Mais quand on compose le numéro, la voix d’une femme, enregistrée sur une bande magnétique, répète inlassablement : « bonjour, vous êtes en relation avec le numéro 115, accueil d’urgence des sans abris. Tous les travailleurs sociaux sont actuellement en ligne. Nous vous prions de bien vouloir renouveler votre appel ultérieurement. »
Imaginez cet homme, gelé, dans une cabine téléphonique, celui là même qui était collé à son chien ; il ne va certainement pas renouveler son appel 20 fois. Il n’en aura ni la force ni la patience. Il n’aura d’ailleurs bientôt plus aucune envie si ce n’est celle de se laisser mourir, le combiné à la main.
Dans ce pays où l’on compte 2,4 millions de chômeurs, où le Président de la République s'accorde une hausse de salaire de 172%, ne pourrait-on pas embaucher des stagiaires ou des CDD, ne pourrait-on pas trouver des moyens pour qu’on puisse au moins répondre systématiquement au clochard qui appelle le 115, avant qu’il ne crève seul, dans une cabine téléphonique ?
Rédigé par
Stéphan
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22:00
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mercredi 5 décembre 2007
Paroles, Paroles, Paroles ...
Lundi dernier, "un lundi au soleil" je crois, "l’été indien" se prolongeait et, tandis que "par-dessus les flots passaient des oies sauvages", Ségolène Royal publiait un roman des "souvenirs souvenirs" : "Ma plus belle histoire, c’est vous".
Bref, "une déclaration, sa déclaration". Elle aurait pu aussi choisir comme titre "que je t’aime" ou "mon cœur fait boum". Mais au final ce fut surtout "je t’aime moi non plus".
Moralité dans une campagne présidentielle, "les histoires d'amour finissent mal" (en général).
Cette "avventura" "c’était l’année dernière", on l'admirait et on se disait "ah qu’elles sont jolies les filles de mon pays". Chacun murmurait "ne me quitte pas". Au PS, on s’exclamaient "femmes je vous aime" dans une sorte de "vertige de l’amour". Comme "s’il suffisait d’aimer" ...
Cette "demoiselle de la Rochelle", c’était d’abord "une femme des années 80" qui, au fil du temps, s’est transformée en une sorte de "bonne du curé", répétant à s'en "casser la voix" "fais ta prière" ou "Dieu m’a donné la foi" (on a failli avoir les "Rois mages" au gouvernement!).
Évidemment, elle "se voyait déjà en haut de l’affiche" avec "ses copains d’abord", promettant "si j’étais Président" ce serait pour tout le monde "la vie en rose" ou bien qu’"on irait tous au Paradis". Mais ce fut "allo maman bobo".
Car elle ne fit rien que "des bêtises". Ainsi, elle préféra une alliance avec un "partenaire particulier", le harcelant de "téléphone moi appelle-moi" tentant même de construire entre eux "un petit pont de bois".
Curieux alors qu’on attendait plutôt une alliance classique "en rouge et noir".
Décidemment, en politique, "tout n'est pas si facile, tout ne tient qu'à un fil".
"En résumé, en conclusion" comme me le disait "Joe le Taxi", ce livre, c’est juste "une mise au point" avec des explications un peu molles, car "c’est la ouate qu’elle préfère".
A présent, "tout doit disparaître" ; heureusement, "avec le temps tout s’en va".
Alors, que lui (nous) souhaiter aujourd’hui ? "Un week-end à Rome", un "voyage voyage" vers "les lacs du Connemara", un long séjour dans "une cabane au Canada" ou plus simplement d'aller "faire un tour du coté de chez Swann" ?
Et pendant ce temps, au PS, on oscille entre "la salsa du démon" et "le bal masqué" au milieu d’un "cimetière des éléphants".
Post scriptum :
"Pour le plaisir" (merci Herbert L) je vous cite un extrait de la chanson de Barbara dont Ségolène Royal s'est inspirée pour le titre de son ouvrage : "Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous" :
" Les temps d'hiver et d'automne,
De nuit, de jour, et personne,
Vous n'étiez jamais au rendez-vous,
Et de vous, perdant courage,
Soudain, me prenait la rage,
Mon Dieu, que j'avais besoin de vous,
Que le Diable vous emporte,
D'autres m'ont ouvert leur porte,
Heureuse, je m'en allais loin de vous,
Oui, je vous fus infidèle. "
Rédigé par
Stéphan
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22:13
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Tags : politique
samedi 1 décembre 2007
vendredi 30 novembre 2007
Enfin du sexe !

Nus, sous la couette, nous reprenons notre respiration...
Etienne en profite pour me glisser :
- Tu devrais introduire plus de culs !
Je me redresse brusquement !
- Pardon !!!
- Oui, pour augmenter le trafic sur ton blog, tu devrais écrire des billets érotiques avec du sexe torride pour exciter tes lecteurs.
- Et mes lectrices cher Etienne, et mes lectrices, ne les néglige pas s’il te plait.
- Ok pour qui tu veux, même pour le chien de ton voisin si ça te chante mais je pense que quelques bites bien placées devraient augmenter le nombre de visites.
- Tu as sans doute raison, je connais beaucoup d’obsédés sexuels parmi mes amis, mais … je le sens pas, je me vois pas écrire « lentement il lui tapait son visage avec son gland énorme, gonflé de désir tandis que sa main, experte, lui caressait ses seins ».
- Effectivement c’est complètement nul. Avec cette prose pitoyable t’es pas près de faire bander ton public. Non, je vois plutôt un truc du genre scène de cul dans une backroom.
- Ah, je comprends, tu veux que je raconte mes souvenirs au Dépôt !
- Surtout pas ! Tu vas endormir tout le monde. Non, tu pourrais inventer, par exemple raconter ceci :
« Le sous-sol est sombre et bas de plafond. Il y a autant de monde qu’en haut. A droite, on trouve une sorte de pissotière. Sans doute, dans la nuit, des hommes viennent vider ici leur vessie pleine de bière sur d’autres hommes amateurs de golden showers. Des masses indéfinissables s’agitent mollement. Là-bas, 3 mecs se tâtent et se branlent. Je serre la main de Thibault. Il me plaque contre le mur de sorte que je ne vois rien d’autre que lui. Sa langue plonge dans ma bouche. Nos salives se mélangent. Son corps est lisse, doux, il est parfaitement imberbe. Sa main remonte sur mes cuisses, il ouvre ma braguette et sort ma bite. Aussitôt il comprend mon désir, il me suce. Il fait cela à la perfection. Il se relève, m’embrasse à nouveau. J’adore qu’on me roule un patin après m’avoir sucé, ce goût de bite par procuration ! Je commence à sentir d’autres mains sur mon corps, une sur l’épaule droite, deux sur les fesses, une sur mon crâne. Une autre encore me caresse les couilles. Je me laisse faire, je m’abandonne. Un inconnu me roule une autre pelle délirante ! Je ne suis plus qu’une bouche, j’aime le parfum de sa langue, c’est merveilleux tout a bon goût depuis que je suis descendu dans ce sous-sol. Enfin, lentement, je sens un doigt qui s’agite autour de mon cul humide, il me pénètre. Il n’y a plus de limites. Je branle, je lèche, je suce, je suis devenu sexuel… »
Les poils des cuisses d’Etienne sont comme des fils d’or, j’aime sa chair rose et dorée. Je me lasse pas de le regarder. Un rayon de soleil vient buter contre son oreille gauche qui aussitôt prend une teinte écarlate. Le cartilage est à présent rouge orangé. On dirait un morceau d'abricot. J'ai envie de le croquer, j'ai envie refaire l’amour avec lui
..............
Après de longues et douces minutes, nous reprenons (encore essoufflés) notre discussion.
- Tu vois, me dit Etienne, c’est pas très compliqué.
- Oui bien sûr mais c’est banal ton histoire, on a lu ça partout. Moi je voudrais un truc plus original.
Je me penche sur lui et je lui glisse à l’oreille : que penses-tu d’une histoire avec des animaux.
- Un truc de zoophilie, tu t’en sens capable réagit-il, un peu interloqué.
- Zoophilie, tout de suite les grands mots !
Non, je pensais plutôt à cette histoire que j’ai lue récemment : il existe une espèce de poisson originale par leur vie sexuelle : les cichlidés. Tu sais que la plupart des animaux vivant dans l'eau ont une façon de se reproduire plutôt similaire : la femelle pond les oeufs, le mâle produit son sperme, et les deux se rencontrent au gré des courants et du hasard. Mais pour les cichlidés, c'est différent. D'abord, la femelle pond ses oeufs, puis les gobe immédiatement. Elle les garde dans sa bouche jusqu'à rencontrer le mâle qui lui faut (sexy, charismatique, viril). Or, il dispose, au niveau de son sexe, de marques qui ressemblent à des oeufs. Alors, il les montre à la femelle, qui essaie de les gober. Et c'est à ce moment-là qu'il lâche son sperme dans la bouche de Madame. Tu comprends : ces poissons pratiquent une forme de sexe oral. C’est fascinant, non ?
Je pourrai raconter les ébats sexuels du poisson Bulle dans son aquarium, il serait même bisexuel, il sucerait aussi des poissons mâles … Ça c’est original !
- Non, mon pauvre Stéphan, c’est pas original et c’est surtout très chiant. Tu as raison oublie le côté porno pour ton blog. Et plonge vite sous la couette !!!
- Je pourrais au moins mettre un film de cul !
- De nous !
- Mais non des poissons !!!
Rédigé par
Stéphan
à
22:17
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Tags : sexe
jeudi 22 novembre 2007
Une théorie fumeuse

Le pavé parisien ressemble de plus en plus à un inventaire à la Prévert.
On y trouve les permanents (SDF, prostituées), les habitués (usagers des transports publics, agent de la SNCF, fonctionnaires et autres manifestants), et quelques inhabituels : les avocats, les buralistes.
L’un des mots d’ordre de cette dernière catégorie professionnelle était : « pour que vivent nos lieux de convivialité ». Pourquoi pas…
Néanmoins, quand on pense à certains débits de tabac parisiens, que tiennent René, Robert, Jean-Louis ou Marcel, avec Adolf, le berger allemand qui grogne dès qu’une personne d’origine africaine rentre, avec la carabine à plombs cachée sous le comptoir près de la caisse, avec le serveur au nez rouge qui tutoie les Maghrébins, sans oublier le patron bedonnant qui raconte des blagues homophobes tandis que sa charmante épouse tend les paquets de Marlboro sans un mot et sans un regard, la formule « lieu de convivialité » apparaît un peu excessive.
Mais là n'est pas le plus important.
En effet, comme le demandait l'un des manifestants de façon fort pertinente, les yeux embués de larmes et des sanglots dans la voix : « que vont devenir maintenant tous ces petits vieux qui viennent faire une partie de cartes en fumant des cigarettes et en buvant leur canon de rouge ou leur anisette dans les bars tabac ? ».
La réponse est évidente Monsieur le buraliste : ils vont vivre plus longtemps et c'est une catastrophe nationale !
Paradoxalement, cette loi d’interdiction de fumer dans tous les lieux publics va alourdir les comptes de la Sécurité Sociale et des caisses de retraites alors qu’elle était censée réduire les déficits grâce à la diminution du nombre des maladies liées au tabagisme.
Car, depuis des décennies, ces établissements participent activement à l’effort national pour la réduction des déficits publics.
D’abord, la taxation des cigarettes (80% par paquet) apporte des revenus considérables à l’Etat français.
Ensuite, un retraité qui passait ses journées avec trois autres compères à jouer au Bingo ou à la belotte en picolant ses verres de vin blanc et en fumant comme un pompier ses Gitane brunes attrapait en 4 ou 5 ans maximum un cancer du poumon ou une cirrhose (ou mieux, les deux) qui lui était rapidement fatal.
Ainsi, ils libéraient la table en formica pour quatre autres retraités qui eux-mêmes étaient remplacés au bout de 4 ou 5 ans, etc. Grâce aux bars-tabac, le taux de remplacement était formidable.
Que va-t-il se passer demain si ces pauvres vieux sont obligés de rester à la maison, surveillés par leur épouse qui les empêche de boire ou de fumer et qui passent leurs journées à faire les mots fléchés de Télé 7 Jours en regardant à la télévision Derrick ou les Chiffres et les Lettres. Avec un tel régime, ils peuvent franchir allègrement la barre des 85 ans (avec de graves dépressions nerveuses donc achats massifs d'anti-dépresseurs...) !
En conclusion, cette loi anti-tabac est un pur produit des bureaucrates du Ministère de la Santé et de l’intelligentsia parisienne bien pensante, dont les effets seront dramatiques.
Et l’on réalise aussi, que de vouloir abolir les régimes spéciaux des cheminots était une décision purement idéologique (libérale) dont les conséquences seront négligeables en comparaison du gouffre financier qui va s’ouvrir sous nos pieds (qui battent le pavé parisien, la boucle est bouclée).
Rédigé par
Stéphan
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23:00
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mercredi 21 novembre 2007
Avis de recherche

Depuis une semaine, dans les rues de Paris, on marche, on pédale, on proteste mais curieusement mon oreille gauche n’entend rien.
Il règne un silence assourdissant que ni les retraites, ni les franchises médicales, ni les propositions de la Commission ultra-libérale dirigée par Attali, ni les déductions fiscales … ne viennent rompre.
A gauche tout est tristement atone.
La LCR ? La dernière fois qu’Olivier Besancenot a été aperçu, il paradait sur Canal +, à coté de Lambert Wilson dans l’émission de Thierry Ardisson pour présenter/vendre son bouquin sur Che Guevara, pensant sans doute faire œuvre révolutionnaire. Sa soif d’exister le disqualifie d’entrée.
Lutte ouvrière ? Ils sont bien trop occupés dans leurs roulottes au fond des bois à se trouver des surnoms de guerre pour s’intéresser à notre quotidien.
Le Parti Communiste ? On ne va pas encore tirer sur le corbillard l'ambulance.
Et le Parti Socialiste ?
Pourquoi ne dit-il rien alors que la droite lui ouvre des boulevards de contestations ?
A quel moment les dirigeants du PS vont-ils enfin arrêter de se regarder le nombril, d’analyser leurs sautes d’humeurs ou d’écrire des livres pour dénoncer leurs camarades ?
Certes les parutions de cet automne donnent une réjouissante liste d’ouvrages aux titres ravageurs : Table rase, comment sauver la Gauche – La Gauche la plus bête du Monde – Gauche, le Big Bang – l’Impasse – Le Grand Cadavre à la Renverse – La Défaite en chantant – Règlements de Comptes – Rénover le Parti Socialiste, un Défi impossible ? …
Cette longue litanie est révélatrice du malaise, de l’impossibilité pour le PS de répondre aux grandes questions nécessaires à son renouveau, à repenser à sa place, son rôle dans notre société.
Et voilà comment trois défaites aux présidentielles, plus des difficultés évidentes à regagner le pouvoir, à être majoritaire dans ce pays, donnent ces nombreux ouvrages qui soulignent les doutes, les interrogations, les règlements de compte mais hélas sans aucune solution pour sortir de cette impasse.
D’où ce constat amer mais évident : actuellement il y a un vide de la pensée à gauche.
Depuis la chute de l’idéologie communiste, la fin des horreurs qu’elle a engendrée, la révélation pour certains de son échec complet, absolu, définitif, on a le sentiment qu’il y a eu un abandon de la volonté de bâtir une nouvelle doctrine par peur d’enfanter un autre monstre.
Une doctrine ? Une vision du monde, de la société, un système cohérent de valeurs, un ensemble d’orientations qui puissent guider l’action à moyen terme.
Depuis 1981, c’est-à-dire depuis que le PS a gagné simultanément le pouvoir exécutif et législatif, ce parti est entré dans une idéologie, dans une culture ministérielle qui lui impose un système de pensée : chaque dirigeant socialiste est à présent un ministre en devenir. Ainsi, il ne raisonne plus que dans des cadres fermés, étroits, conventionnels avec un œil rivé sur les courbes des sondages.
A l’opposé, la droite s’est décomplexée elle assume à présent sa rénovation idéologique. Sarkozy, n’a pas gagné l’élection présidentielle sur des propositions concrètes, mais parce qu’il a donné une représentation de la société et une vision du chemin qu’il voulait emprunter pour y parvenir.
Or, c’est justement cette capacité à donner du sens à l’action que les gens ne retrouvent pas à gauche et plus particulièrement au PS.
Plus de vision d’avenir, plus de projet, simplement des querelles de personnes, des pinaillages sur des détails, pièges évidents que lui tend le gouvernement et dans lesquels il s’engouffre sans réfléchir, tête baissée. Par exemple, lors de la énième loi sur l’immigration, le PS (à juste titre) a protesté contre l’amendement Mariani mais pourquoi n’a-t-il pas dénoncé cette loi dans son ensemble, pourquoi n’a-t-il rien dit des principes scandaleux qu’elle instaure par ailleurs. Non, la droite, avec les tests ADN, lui a donné un os a rongé, le parti socialiste s’est jeté dessus comme prévu et il a laissé passer tout le reste.
Pourtant il est urgent d’affirmer certaines valeurs pour que ce parti puisse se libérer des carcans qui oppressent sa réflexion. Par exemple, les socialistes ont majoritairement accepté un compromis général avec l’économie de marché, mais certains le vivent encore honteusement comme une trahison identitaire, d’où des rechutes à intervalles réguliers avec des propositions démagogiques, aberrantes, des combats rhétoriques sans intérêts qui perturbent ou ennuient l’électeur lambda. (cf. Fabius, Emmanuelli). Pour reprendre la terminologie de Laurent Baumel, c’est le drame du « surmoi-marxiste ».
Ce combat d’arrière-garde pour savoir qui sera le plus à gauche empêche d’avancer de regarder la société française contemporaine. Ainsi on ne dit rien sur les véritables enjeux que sont effectivement les réformes des retraites, la protection sociale ou plus simplement quel regard porter sur l’homoparentalité, la dépénalisation des drogues … (quelqu’un dans la salle connaît-il les projets du PS sur ces thèmes ? ).
Pire, on ne réfléchit plus, tous les efforts intellectuels (? ) sont tournés vers un seul objectif : « l’obsession présidentielle ».
Depuis François Mitterrand, les dirigeants du PS ont le sentiment qu’être Président de la République confère une essence supérieure, une aura divine. Ce qui conduit à l’inévitable question du leadership, entraînant des batailles de personnes et non plus d’idées. C’est une guerre de succession perpétuelle entre ego surdimensionnés. Et le développement de toute idéologie cohérente devient subordonné aux affrontements des personnes. Tout est tactique. Les prises de positions ne sont plus proposées pour elles-mêmes, mais parce qu’elles permettent de faire avancer sa personne (ou d’en faire reculer d’autres) dans la bataille pour la première place.
L’une des conséquences majeures est que ce parti devient un parti de barons, repliés sur le local, sur quelques mairies et autres Présidences de Conseils régionaux ou généraux. C’est le pouvoir pour le pouvoir.
En outre, puisqu’on baisse les bras, puisqu’on imagine qu’il n’est plus possible de transformer la société dans son ensemble, alors chacun, dans son coin, essaye modestement de transformer la société au quotidien, sur un plan local, à coup de Vélib’, de Paris Plage et de couloirs de bus, plutôt que de s’épuiser dans des joutes doctrinales qui dessineraient enfin un « avenir de gauche ».
Aujourd’hui, la gauche n’a plus de valeurs, plus d’orientations à moyen ou long terme. Elle ne pose aucun jalon pour mieux appréhender une conjoncture qui par définition varie. Nous avons affaire à un parti girouette qui change ses orientations à chaque coup de vent.
Le PS ne rebondit pas, il n’invente pas, il suit, il encaisse sans réagir.
Et grâce à cette absence complète de réactions de la part de l’opposition, le Chef de l’Etat a tout le temps, alors que la France se débat dans un conflit social majeur, de se mobiliser pour organiser les successions à la tête du Figaro et des Echos.
Et ceci est impardonnable.
Rédigé par
Stéphan
à
01:29
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Tags : politique
