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mercredi 24 septembre 2008

Terribles remords



Ne vous y trompez pas : ces remords exprimés ne sont pas liés à l'absence prolongée sur ce blog...
Pour cela, et afin de me donner bonne conscience, j'ai plein de bonnes excuses plus ou moins sincères. Je les tiens à la disposition de ceux qui m'en feront la demande.

Non, ces remords ont surgit suite à cette information délivrée par l'AFP :
Selon, le vice-président colombien, la consommation de cocaïne nuit à l'environnement.
En effet, « chaque année 300 000 hectares de forêts tropicales sont détruits en Colombie du fait de la culture de coca. La consommation d’un gramme de cocaïne équivaut à la destruction de 4m2 de forêt tropicale ».

Alors, lecteur, lectrice n’éprouvez-vous un terrible sentiment de culpabilité en réalisant quel l’impact nocif sur notre planète ont vos régulières aspirations nasales ?

lundi 14 juillet 2008

Une idée stupéfiante

Cocaïne, cannabis, LSD, héroïne, ecstasy, MDMA, poppers, opium …

Face aux drogues, le gouvernement Président français (et ses prédécesseurs) a choisi une voie répressive (ce qui n’étonnera personne), fondée sur la prohibition, dans l’espoir de limiter l’usage de ces substances (la dernière en date étant la volonté d’interdire les festifs open-bars).
Aussi, devant cette approche qui a échoué et qui est vouée à l’échec, il serait temps d’organiser la légalisation, la consommation, la production et le commerce de toutes les drogues.
(mais non je ne prêche pas pour ma paroisse cher lecteur, charmante lectrice).

1) La légalisation permettrait une importante baisse des prix des substances et une sensible augmentation de la qualité des produits (non-coupés).
Cela changerait tout l’écosystème de la drogue. Le budget mensuel d’un “accro” aux drogues dures diminuerait considérablement, ce qui permettrait à la plus grande partie d’entre eux de se sortir des spirales de délinquance ou de prostitution qui sont leur quotidien.

2) La légalisation couperait les ressources de toutes les mafias et groupes rebelles qui gèrent la production de ces substances : en dépénalisant le commerce de la drogue, l’occident libre saperaient un des piliers du financement de bien des organisations (et Etat) totalitaires ou terroristes qui veulent sa perte (Talibans en Afghanistan, Farc en Colombie …)

3) Une société sans drogue est un projet parfaitement utopique ; donc la légalisation vaut mieux que la clandestinité.
Les drogues ont toujours et partout existé. La culture du pavot à opium était par exemple connue en Mésopotamie 4 000 ans avant l'ère chrétienne, l'utilisation de la feuille de coca est attestée en Équateur et au Pérou en 2 100 et 2 500 av. J.-C. et la référence la plus ancienne connue aux usages psycho actifs du cannabis date de 2 700 av. J.-C. en Chine.

4) La légalisation permettrait une totale transparence, ce qui fait que l’usager devient parfaitement informé des conséquences de son usage.
Dans un système libéral où la vente serait légalisée, le vendeur serait tenu d’informer clairement le consommateur "sain" des risques d’overdose, de dépendance et de maladie grave qu’il encourt. Sinon, il s’exposerait à des poursuites comme celles auxquelles les fabricants de cigarettes font face. A ce moment là, le consommateur est libre de choisir et convenablement informé.
Dès lors, s'il tombe accro, il ne peut s’en prendre qu’à lui même.

5) Enfin, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen prévoit que tout individu reçoit à sa naissance des droits naturels imprescriptibles qui sont "la vie, la liberté, la propriété et la résistance à l’oppression", et que ces droits ne s’arrêtent que là où commencent ceux des autres.
Dans ces conditions, en quoi le fait d’acheter une drogue à un commerçant, pour peu que celui ci soit respectueux des règles du commerce civilisé, pour se l’injecter, viole les libertés ou la propriété d’autrui.
Bien sûr, certains trouveront cela "sale", diront que ça ne fait pas honneur à l’espèce humaine, que c’est un gaspillage de capital humain, mais si on peut avoir un préjugé moral contre la drogue, au nom de quel principe peut-on interdire à une personne de se droguer.
Pour la protéger d’elle même ? Mais alors pourquoi ne pas lui interdire totalement de boire ? de fumer ? de conduire ? pourquoi ne pas criminaliser le suicide ? le sexe non protégé ? le ski hors piste ? la cuisine grasse ? le Véli’b ?

Les Etats ne peuvent (doivent) pas priver un individu de jouir de son corps, fut-ce en le détériorant.

Aussi la conclusion s’impose : liberté de consommer la drogue que je veux, dans les meilleures conditions.



Source d’inspiration

mardi 6 novembre 2007

Errance et déchéance


Ces derniers temps, on me reproche mon absence sur ces pages.
On a sans doute raison, mais "tout ne fut pas si facile".

Depuis 15 jours, je suis tel un personnage de la Recherche du Temps Perdu qui n’aurait pas connu « le temps retrouvé ». J’ai intégré la race des héros négatifs, d’athlètes du rien, poursuivant inlassablement mon voyage au bout de la nuit et de l’ennui, l’ennui ce mal du siècle.

Au début, sous héroïne, il me semblait pourtant que tout ce que je faisais avec ma troupe de filles et de garçons, était innocent et plein d’amour.
Comme ce soir là où Henri a cassé les pattes avant de cette charmante chèvre afin de mieux la sodomiser, elle, immobile, son cul en l’air pour toujours.
Durant ces jours, j’avais en général de la cocaïne sur mes tee-shirts quand je sortais des toilettes. Je l’époussetais (négligemment ?) pour la faire tomber sur les sols carrelés, humides et poisseux d’urine.
Un trait par-ci, un rail par-là, des poutres de coke partout, nous tracions notre bonheur à coups d'American Express.
Mais, lentement, l’angoisse, insidieuse, m’a perforé le cerveau, la peur de manquer me terrifiait. Comme ce jour, lundi ou mardi dernier, je crois, lorsque mon dealer fut abattu à coups de cric sur les Champs-Élysées, je me suis enfermé dans mon appart, persuadé que le pommeau de douche, tel le boa constrictor, tentait de m’étrangler. Heureusement, Eléonore, m’a ramené à la vie avec une pipe et une mega ligne de poudre blanche.
Alors mon seul objectif fut de trouver, de prendre et d’abuser de la drogue. Comme j’avais un peu de mal à me déplacer, j’ai loué chez Avis une chaise roulante pilotée par une hôtesse de l’air. La vie, un court instant est devenue plus facile. D’autant qu’une vieille copine m’assurait qu’il suffisait d’une semaine pour décrocher de toutes ces dopes.
En attendant ce moment, enfin mobile, je pouvais aller d’afters en afters où les seules boissons chaudes étaient la vodka oubliée sur la terrasse d''Anastasia.
Dans le 94, nous avons descendu 23 51.
Dans le 75, Christina s’est taillée les narines avec le cutter de Paul pour les agrandir afin d’y introduire des pailles plus grosses et ainsi engloutir à chaque snif l’équivalent d’1 G.
Manger était facile : on se ruait dans des Mac Do, on s’empiffrait de Big, de Cheese, de Nuggets… qu’on gerbait aussitôt sur le trottoir.
Un soir, non un matin, enfin à un moment, dans l’appart de l’inconnu croisé à Barbès, Brett se faisait lécher par un alligator dans la baignoire tandis que Nathanaël versait de la tequila sur les blessures que lui infligeait l’animal.
Les sachets plastiques s’envolaient, les lignes s’effaçaient, nos rires décuplaient.
Bien sûr mon téléphone sonnait, mais plus rien n’avait d’importance, seuls les speedballs, la cocaïne et les buvards Daffy Duck avaient un sens pour moi.
C’étaient les seuls trucs qui me faisaient vraiment ressentir quelque chose. Sans oublier les deux ou trois bisexuels qui m’accompagnaient, portant des serviettes en papier afin de m’éponger le front.
J’errai de bars en bars, de clubs en clubs, de soirées en soirées, de caniveaux en caniveaux.
La nuit était blanche, mes narines étaient blanches, mon avenir était sombre.
La cocaïne me détruisait la paroi nasale, et j’ai sérieusement pensé que la seule solution serait de ne faire que du free base mais avec deux litres de vodka par jour, cela me paraissait un but un peu flou et hors d’atteinte.
L’argent, plus précisément son absence est vite devenu un problème alors j’ai commencé à traîner avec des partouzeurs et des vendeurs d’armes.
Ma chambre puait l’herbe et l’ammoniaque.
J’ai compris qu’il était temps de limiter les dégâts, de faire une pause, de ranger les billets de 50 roulés en paille, je devais exiger un peu plus de moi-même.
Et surtout j’ai compris que personne d’autre que moi ne voulait de moi.
La ville s’effondrait, le noir recouvrait la terre, les moments de peur étaient si intenses que nous enviions les morts.
Nous avions perdu notre capacité d’aimer.
Quand un matin, en s’extirpant d’une pissotière, avec mes amis, nous avons pleuré. Et ces larmes qui roulaient ont tout effacé ; nous avons compris, soulagés, qu’un autre avenir était possible.

Crois moi, lecteur, en dépit de l’horreur que semble revêtir les événements décrits dans ce billet d’excuse, tout a réellement eu lieu, chaque mot est vrai. La preuve, c’est mon esprit qui les a enfantés.

Voilà pourquoi, j’ai dû renoncer à écrire pour quelque temps.

mardi 16 octobre 2007

Un instant de déprime


Je passe ce lundi soir avec Etienne, un délicieux ami.
C’est un garçon formidable, je l’adore, on se connaît si bien et depuis tant d'années.
Surtout, c'est un clubber, un noctambule, un nightlifer. Alors, il boit, il fume et il use et abuse de drogues diverses et variées (enfin je crois).
Before et after, bars et clubs, comptoirs et dance-floors n'ont plus de secrets pour lui.
C’est pour cela qu’il est une source inépuisable d’infos, de ragots, d’histoires sur la nuit à Paris. Je passerais des heures à l’écouter ! C'est un témoin qui m'est précieux.
Il a des connaissances remarquables, qui m’ont toujours étonné. Par exemple, c’est la seule personne que je connaisse qui est capable de vous citer de tête 125 synonymes pour le mot cocaïne par ordre alphabétique. La preuve, je les ai tous notés :
Apple Jacks - Baby T - Bad - Ball - Basay - Base - Base ball - Bazooka - Beautiful boulders - Bebe - Beemers - Bill blass - Bings - BJ's - Black rock - Blanche - Blowout - Bolo - Bone crushers - Bones - Botray - Boubou - Boulaya - Bullion - Bump - Buscuso - Caillou - C - Cap - Casper the ghost - Chemical - Chewies - Cloud - Cloud nine - Coco - Coke - Cookies - Corine - Crack - Crib - Crunch & munch - Demolish - Devil's dandruff - Devil's smoke - Dice - Dime special - Dip - Dirty basing - Double yoke - Dove - Dust - Dynamite - Egg - Fat bag - Fifty one - Fish scales – Flake - Freebase - French fries - Fry - Garbage rock - Gin - Girl - Glo - Gravel - Groceries - Hail - Half track - Hamburger helper - Happytrails - Hard live - Hard rock - Hot cakes - Hubba - Ice cube - Issues - Johnsson - Kangaroo - Kakomo - Kokomo - Kryptonite - Lady - Love - Mixed jive - Nose candy - One fifty one - Parlay - Paradise - Pasta - Paste - Patico - Pebbles - Pestiloos - Piedras - Piles - Pony - Primo - Rail - Raw - Respirette - Roca - Rock - Rocky III - Rooster - Rox - Roxanne - Roz - Schoolcraft - Scramble - Scruples - Sightball - Slab - Sleet - Snow - Soke - Teeth - Toot - Top gun - Troop - Wave - White - White ghost - White sugar - White tornado - Yahoo – Yale.


Mais cette longue litanie m’endort un peu. Mon regard s’est détaché de ses yeux verts, ma tête s’incline, un sourire mélancolique se dessine sur mes lèvres, lentement.
Sans doute ai-je l’air un peu triste car soudain, Etienne, me prenant par la main s’exclame " allons Stéphan ne prend pas cet air si malheureux, tu ne déprimes pas j’espère ". Je le rassure aussitôt et lui d’ajouter, un peu mystérieux : " avec cette histoire de cocaïne, j’ai cru que tu plongeais dans la mini déprime du mardi avec 24 heures d'avance ! ".
La mini déprime du mardi ?
Et gentiment il m'explique que la prise de cocaïne bloquant la recapture de la dopamine, un stimulant naturel, la diminution de son taux dans notre organisme crée (et c’est souvent le mardi) un sentiment de déprime, de mal être, de mal aise…
C’est Baudelaire, ajoute-t-il qui sans doute a le mieux exprimé cet état :

« Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,

Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,

Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir
»
(Spleen IV)

Tandis qu’il me récite ces quelques vers, il me semble que sa voix tremble un peu. C'est lui à présent qui a l'air si triste, presque désemparé. Comme je voudrais pouvoir l’aider, l’accompagner dans cette noire plongée.
Tendrement, je le prends dans mes bras et il vient une idée : je vais me confectionner un "kit de déprime" et demain matin, quand nous nous réveillerons, ensemble nous le regarderons, ensemble nous pleurerons, ensemble nous déprimerons.

Le voici :





Musique : Mad World - Gary Jules
Images : Who killed Bambi

samedi 22 septembre 2007

Tout a une fin


Mes sachets de cocaïne sont vides depuis des heures, mes mains tremblent, j’ai du mal à contrôler mes doigts ampoulés.

Mes yeux rougis par l’absence de sommeil peinent à distinguer les images s’affichant sur l’écran de mon ordinateur.

La touche « enter », usée à l’extrême ne répond plus à mes sollicitations et je dois violemment appuyer dessus pour valider mes commandes.

J’ai tout vu, je suis allé partout.
J’ai discuté avec des Indonésiens, échangé des recettes de cuisine avec des Russes, rigolé avec les Canadiens, baisé virtuellement avec toute l’Amérique latine …

Html, java, script … Tous ces mots s’entrechoquent dans ma tête.
J’ai regardé des milliers d’heures de vidéos, lu chaque page de wikipédia dans toutes les langues du monde, parcouru tous les flux RSS.

Mon cendrier déborde, mon parquet disparaît sous les boîtes de pizza vides, les cannettes de bières, les pailles …

Mais enfin, j’y suis arrivé :

THE END...

Et maintenant, que faire ?